MENETOU-SALON

AOC

Situé aux abords de Bourges, entre le Pays Fort Sancerrois et la Champagne Berrichonne, le vignoble de Menetou-Salon couvre 10 communes sur 575 hectares, et obtient l’Appellation d’Origine Contrôlée en 1959.
À l'ère secondaire, la mer recouvrait complètement la région de Menetou-Salon, formant dans ses fonds des sédiments calcaires très riches en coquillages et notamment en petites huîtres en forme de virgule. Une homogénéité de sols favorable à l’épanouissement du Sauvignon blanc et du Pinot noir, conférant aux vins une belle et véritable identité.

35 139 hl

Production en 2017 

575 ha

Surface en hectares en 2017

86

Producteurs en 2017

88%

France

12%

Export

Ventes en volume en 2017

Pays

HISTOIRE

Sur les terres doucement vallonnées qui dessinent le vignoble de Menetou-Salon, la vigne y est cultivée depuis toujours. Véritablement connu à partir de l’Antiquité, on retrouve encore aujourd’hui dans des documents et vieux écrits des actes de l’an 1063, 1097 et 1100 qui attestent de la présence de la vigne à Menetou-Salon. Ces actes concernaient la seigneurie et la châtellenie de la ville et permettaient au seigneur de faire dons à différents ordres religieux de la région, et plus particulièrement à la célèbre Abbaye de Saint-Sulpice-Lès-Bourges, de vignes sises au Clos de Davet.
En 1190, Hugues de Vèvre, Seigneur de Menetou-Salon, va lui aussi donner des terres et des vignes à l'Abbaye de Loroy. Jacques Coeur, Grand Argentier du Roi Charles VII, sous le charme du vignoble, va y imprimer sa marque en achetant des parcelles ainsi qu’un château. C’est lui qui va donner une impulsion considérable au vin de Menetou-Salon en l’apportant sur la table du roi lui-même.
Apprécié pour sa qualité et ses arômes uniques, il va devenir par la suite l’un des plus beaux ornements des tables seigneuriales de la région. Les récits racontent même qu’Agnès Sorel, favorite de Charles VII, venait se reposer sous les tilleuls du Château et appréciait particulièrement les charmes du vin du « Clos de la Dame ».

LE VIGNOBLE

Surface : 560 hectares

Région : Centre-Val de Loire

Département : Cher

10 communes : Menetou-Salon, Aubinges, Morogues, Parassy, Pigny, Quantilly, Saint-Céols, Soulangis, Vignoux-sous-les-Aix, Humbligny

Terroirs :

- Marnes kimméridgiennes : le vignoble de Menetou-Salon est planté sur des sédiments calcaires. 

LA DÉGUSTATION

Fleurs blanches, agrumes et épices s’accordent pour les vins blancs de Menetou-Salon, et soulignent l’équilibre de vins frais et anguleux. Des notes poivrées et légèrement mentholées viennent étoffer la structure de ces vins rond et équilibrés.
Les Menetou-Salon rouges issus du Pinot Noir sont souples sur des arômes de cerises et de prunes mûres. Les finales s’illuminent de fines notes de fruits confits qui se fondent en une bouche pleine et subtilement épicée.
Les rosés de Menetou-Salon sont élégants et subtils. Ils surprennent par leur richesse qui côtoie de belles fraîcheurs.

VINIFICATION DES BLANCS

Le pressurage : A leur arrivée au chai, les baies peuvent être triées, foulées ou égrappées (processus optionnels). Les raisins sont ensuite pressés avec la plus grande attention pour respecter au maximum le fruit et pour ne pas extraire les éléments végétaux. L'objectif est d'obtenir le plus possible de jus avec le moins de pression. Pour cela, la majeure partie des caves sont équipées de pressoirs pneumatiques, permettant une extraction douce et régulée. 

Le débourbage : Après le pressurage, le moût (jus) et le marc (parties solides) sont placés dans une cuve. Le moût est généralement débourbé, c'est à dire qu'on le clarifie en le séparant des parties solides (pellicules, pépins, rafles). Cette opération dure habituellement entre 12 et 24 heures, en fonction du type de récolte (manuelle ou mécanique). 

La fermentation alcoolique : Le moût clair obtenu est placé en cuve où la fermentation alcoolique (transformation des sucres en alcool grâce à l'intervention des levures) s’effectue sous une température contrôlée moyenne comprise en 18°C et 22°C. La maîtrise des températures de fermentation a été l’une des évolutions les plus marquantes des 30 dernières années, elle permet des fermentations longues et donne des arômes plus fins et plus intenses. 

L'élevage : A la fin de la fermentation, le vin est laissé sur ses lies fines. Les premières cuvées sont mises en bouteille au printemps après les opérations de clarification et de stabilisation. Les vins plus complexes attendent près d’un an avant l’embouteillage.

VINIFICATION DES ROUGES 

L'éraflage : La vendange est égrappée partiellement ou totalement. 

La macération et la fermentation alcoolique : Les raisins sont mis en cuve pour la macération pré-fermentaire qui permet d'extraire la couleur, les tanins et les arômes. La conduite des cuvaisons varie en fonction du vin que veut obtenir le vigneron. Plus la cuvaison est longue, plus le vin est concentré. A l’inverse, quand on cherche à produire un vin plus léger, les macérations sont plus courtes et les opérations de remontage, de pigeage ou de délestage (procédés qui consistent à concentrer les moûts), peu nombreuses. La fermentation dure entre 7 et 10 jours, le jus est maintenu entre 22 et 30°C.

L'assemblage : Après cette macération, on décuve et on presse le marc restant dans la cuve. On obtient alors le "vin de presse" qu'on assemble au "vin de goutte" (moût). 

La fermentation malolactique : Les vins sont ensuite encuvés ou mis en tonneau pour la fin de la fermentation alcoolique. La fermentation malolactique peut démarrer. Elle consiste à transformer l'acide malique en acide lactique par l'intervention des bactéries lactiques. L'objectif de cette fermentation est de diminuer l'acidité du vin et de produire des arômes lactés/beurrés. Elle a lieu généralement au printemps ou pendant l’été suivant la récolte. 

L'élevage : Une fois la fermentation malolactique achevée, le vin est laissé en élevage. Quelques soutirages peuvent intervenir durant les différentes phases de clarification. La majorité des mises en bouteilles interviennent à l’automne. Les premières peuvent se faire dès le printemps.

VINIFICATION DES ROSÉS

Le pressurage ou macération : Les vins rosés sont généralement obtenus par pressurage direct, moins souvent par saignée (macération de quelques heures). Le temps de contact du jus avec la pellicule est court, d’où des couleurs très légères.

Les fermentations sont ensuite conduites de la même manière que les blancs, c’est à dire en contrôlant les températures entre 18 et 22°C.
Les rosés de pressurage sont frais, élégants aux arômes de fruits blancs. Les rosés de saignée développent souvent un caractère plus vineux.

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