Millésime

Choisissez un millésime :



Le millésime 2004 : 2004 en Centre-Loire : Les bienfaits du travail de la vigne

Après 2003 et sa canicule, 2004 nous ramène aux vins aromatiques et frais. Le travail du vigneron et son savoir-faire auront été essentiels pour réussir ce millésime : il fallait, d’une part, sacrifier une partie de la récolte qui s’annonçait généreuse pour n’en conserver que le meilleur et, d’autre part, vinifier en utilisant tous les ressorts de l’expérience et de la connaissance œnologique.

L’année de la vigne

Le cycle de la vigne a été relativement tardif avec environ 8 jours de décalage par rapport aux 20 dernières années ; les températures nocturnes ont été normales et ce sont les températures diurnes, souvent plus faibles que la moyenne, qui expliquent cette lenteur végétative.
Le début de campagne fût plutôt calme et serein avec une sécheresse relative et la quasi absence de maladies de la vigne. A partir de la mi-juillet, un climat plus humide s’installa sous forme de précipitations souvent orageuses. Les champignons pathogènes, mildiou et oïdium, devinrent plus menaçants, obligeant les vignerons à la plus grande vigilance.
La maturation démarra par une première quinzaine de septembre très chaude (maximales de 25 à 30°C) qui permis une évolution accélérée des raisins. Ensuite, l’accumulation des sucres reprit un rythme classique et la diminution de l’acidité se ralentit.

Les vendanges

Conscients de l’importance de la date de vendange et malgré l’avancement de la saison, les vignerons ont eu la sagesse d’attendre la pleine maturité ; en prenant ainsi le risque de perdre une partie de la récolte, ils optimisèrent la qualité des raisins. Les bans des vendanges officiel se sont établis comme suit : le 23 septembre à Reuilly pour le pinot gris puis le 27 septembre pour le Sauvignon et le pinot noir accompagné par Quincy. Menetou-Salon entre dans la danse le 30 septembre avec les pinots noirs suivi par les Coteaux du Giennois le 2 septembre pour toutes les couleurs. Le 4 octobre autorisant les vignobles de Sancerre et de Châteaumeillant à rentrer dans les vignes.
En s’approchant de plus près on s’aperçoit que les différents vignobles du Centre-Loire ont vécu de façon fort différente le millésime 2004.

Reuilly : bénéficiant habituellement d’un pluviométrie moins importante que les autres vignobles, le vignoble le plus précoce du Centre-Loire a pu profiter pleinement de cette situation en 2004. Après deux années difficiles en 2002 et 2003 (problème de floraison et sécheresse) la production est revenu à un niveau classique en terme de volume et à un très bon état sanitaire en terme de qualité.

Quincy : emblématique en 2004 de la force de la nature, le vignoble de Quincy est passé par tous les états. Durement touché par la grêle le 7 juillet, une partie importante du vignoble semblait perdu pour la récolte à suivre. Néanmoins, seul la partie exposée à la grêle (qui est tombée sous des bourrasques de vent) a été détruite. Le temps sec qui a suivi a permis de sécher les raisins touchés qui sont tombés et cicatriser les plaies. La belle sortie de grappes de juin combinée à un temps parfait pour relancer la végétation en août a permis d’obtenir des rendements très classiques pour l’appellation, les vendanges étant juste retardées de quelques jours pour les parcelles touchées afin d’atteindre la maturité optimale.

Menetou-Salon : La pluviométrie importante observée en août dans le Centre-Loire a été relativement modérée à Menetou-Salon. En fait plus on allait vers l’est plus les précipitations ont été importantes, le vignoble de Jacques se trouvant à la moyenne de l’ensemble des vignobles.
Un bon état sanitaire, des dates de vendanges bien maîtrisées ont permis aux vignerons ayant suivi leurs vignes tout au long de la maturation de récolter des raisins d’un très bon niveau faisant de Menetou-Salon un des meilleurs représentants du millésime 2004.

Sancerre : Touché également par la grêle en deux occasions, Sancerre a bénéficié de conditions post-grêle idéales. Les secteurs de Verdigny, St Satur et Chavignol touchés le 23 juillet ont eu la chance de bénéficier d’un temps chaud et sec durant dix jours assainissant parfaitement la situation. Bué et Sancerre, touchés le 10 septembre, ont également pu profiter de journées sans pluie pour éviter le propagation de champignons nuisibles.
Les conditions climatiques, les réactions de vignes suivant les terroirs ont entraîné des vendanges plus longues qu’à l’accoutumée, la partie sud du vignoble, plus arrosée, réclamant une vigilance accrue, de la vigne à la cave.

Coteaux du Giennois : le vignoble a été moins arrosé que son voisin sancerrois. De plus il a été épargné par les très grosses pluies, bénéficiant d’apport d’eau plus régulier durant la maturation. Le cépage Gamay demandant encore plus de maîtrise que les autres cépages du Centre-Loire, le millésime 2004 prouve de manière forte que les efforts à la vigne payent, c’est là sa principale caractéristique.

Châteaumeillant : touché sur sa partie Est le 7 juillet (secteur de Vesdun), le vignoble le plus central de France a bénéficié de bonnes conditions de maturation avec une prime pour les professionnels ayant maîtrisé la production des Gamays et des Pinots noir afin d’obtenir de bonnes concentration.

Les vendanges se sont donc étalées sur tout le mois d’octobre avec, sur la plupart des exploitations, des interruptions de quelques jours pour atteindre la meilleure maturité sur chaque parcelle. Aussi, la grande majorité des grappes fut rentrée dans de bonnes conditions, les acidités plus basses de fin de campagne compensant les valeurs parfois élevées du début.
Un facteur essentiel pour la qualité en 2004 : la suppression des grappes excédentaires en cours d’année, notamment en rouge, puis le tri à la récolte et les pressurages sélectifs en blanc. Un millésime qui aura donc nécessité une grande attention toute l’année dans les vignes et à la cave.

Les premières impressions du millésime

Les blancs retrouvent leur style classique. Les arômes sont particulièrement expressifs et fins. Si le fruité et le floral dominent, des notes végétales peuvent aussi être perçues. L’équilibre gustatif se révèle frais ou vif, pouvant aller jusqu’à la nervosité. Déjà très agréables en Reuilly et à en Quincy, il faudra attendre l’été à Sancerre et à Menetou-Salon pour commencer à les déguster. On peut s’attendre en 2004 à un potentiel de conservation très intéressant où la plénitude des blanc pourra être atteinte dans les deux-trois ans et plus pour certaines cuvées.

Les rouges apparaissent colorés, d’un rubis franc, plus ou moins nuancé de violet ce qui montrent que la maîtrise des dates de récolte est de plus en plus marquée dans les vignobles du Centre-Loire permettant d’atteindre les maturités phénoliques nécessaires pour de belles couleurs. Les arômes fruités (framboise, cassis) sont souvent marqués. Les tanins sont tendres pour les vins à consommer les premiers (après un élevage de 12 à 18 mois), mais se montrent solides dans les cuvées de garde.

Les rosés sont très de très jolis vins en 2004 avec une mention particulière pour Reuilly et ses Pinot gris qui retrouve toutes leurs qualités aromatiques et gustatives. Pêches blanches, abricot, poire se marient dans des bouches friandes où la suavité le dispute à la fraîcheur pour des vins pleins d’équilibre.

Communiqué réalisé avec Bertrand DAULNY, directeur de SICAVAC à Sancerre (Laboratoire Interprofessionnel des vignobles du Centre-Loire)