Choisissez un millésime :
Printemps chaud et été frais, les inversions saisonnières, ont marqué le climat de l’année. Fort heureusement, la dernière période, une fois encore déterminante, a été exceptionnellement favorable : un cadeau de la nature qui nous a offert 29 jours miraculeux pour mûrir le raisin.
Un mois d’avril aux chaleurs mémorables, mai et juin aux températures et à la pluviométrie supérieures à la moyenne, un été frais et assez humide, une arrière-saison idéale par ses températures modérées et sa sécheresse, voilà comment le climat a façonné le millésime 2007.
Jusque fin août, les vignerons ont traversé la campagne dans l’inquiétude. Après le débourrement précoce les risques de gelées étaient redoutés. Les travaux au vignoble durent être réalisés rapidement en raison de la vitesse de croissance de la vigne qui avait trois semaines d’avance début juin. La pression des maladies cryptogamiques telles que le mildiou ou la pourriture obligea à une vigilance accrue ; elles furent globalement bien maîtrisées et sans conséquences qualitatives pour les rares parcelles touchées. La crainte d’une maturation difficile était dans toutes les conversations dans les premiers jours qui ont suivi la véraison.
Et puis, à partir du 24 août, est arrivé ce que chacun espérait sans vraiment y croire : le vent du nord, sec et froid, qui a assaini les sols et les raisins, suivi d’une remontée des températures diurnes, bien entrecoupées de nuits fraîches accompagnées de rosées matinales.
Dans ces conditions, la production de sucres a été accélérée et la dégradation des acides a été ralentie. L’assimilation d’eau par les baies ayant été bien régulée par l’assèchement de l’air et des sols, les phénomènes de concentration sont apparus sur certaines parcelles. Ils se sont généralisés sur les rouges à partir de début septembre, ce qui entraîna l’intensité de leur couleur et la qualité de leurs tanins.
Les arômes des blancs se sont affinés en douceur au cours de la phase de maturation qui a été longue malgré la précocité de l’année.
Les bans des vendanges se sont étalés du 03 au 13 septembre, mais les parcelles ont été récoltées sur un mois, lorsque les raisins étaient prêts. Ce sont les rouges qui ont été ramassés les premiers. Les blancs ont été vendangés au cours des trois dernières semaines de septembre. Cette durée particulièrement longue reflète des écarts de floraison maintenus jusqu’à maturité et le sérieux des vignerons qui ont su raisonner la date de récolte, sans précipitation, avec compétence et sang froid.
Les premières dégustations sur les cuvées naissantes du millésime laissent entrevoir des vins typés aux arômes expressifs et à la vivacité marquée. En blanc comme en rouge, l’aptitude à la conservation apparaît excellente.
Les blancs exhalent une palette d’arômes intenses, aussi variés que la diversité des terroirs. La dominante est florale, accompagnée de notes nettement fruitées, végétales ou minérales selon les origines. L’équilibre en bouche est caractérisé par une acidité bien présente qui, combinée au potentiel fourni par la richesse naturelle en sucres des raisins, donne des vins à la fois pleins et fermes.
Dans les rouges, dont la robe rubis est soutenue, on retrouve les beaux arômes fruités de la vendange fraîchement récoltée. Leurs tanins sont souples et souvent concentrés. Ces vins ont le fond pour, après fermentation malolactique et élevage, prendre rondeur et ampleur.